Certaines critiques furent mitigées au sujet de Gemini, mais elles ne peuvent l'être que si l'on ne fait que survoler ce jeu : Pour nous, Gemini est doté d'un background excellent et cohérent. Sa présentation est très complète, facile d'accès et séduisante, et les idées de scénarios sont multiples et instantanées, entre les nombreuses nouvelles qui parcourent le livre de base et les petits textes en encarts ou même les illustrations dans les médaillons en haut de pages.
Contrairement à un univers d'heroic fantasy classique, les elfes et les nains, en très forte minorité, présentent ici une véritable originalité, qui les rend mystérieux et profondément intéressants. Les premiers, cloîtrés dans leur royaume souterrain, pourraient être aisément comparés à des vampires, alors que les second sont encore marqués d'une ancienne malédiction qui les place définitivement à part. Les descriptions de l'Eglise - avec ses ordres de templiers et ses cathédrales dédiées à la toute puissance de l'Unique -, des provinces souveraines et rebelles, et des Ténèbres - auxquelles sont rattachés la magie et ses pratiquants -, sont elles aussi excellentes au point qu'on ne sait absolument pas sur qui porter son dévolu. Créer un personnage de chaque bord est un vrai plaisir (à ne pas mettre dans un même groupe de joueurs !).
Le système de jeu, quant à lui, est simple, efficace et presque parfait. Notamment en ce qui concerne les combats, qui sont en général brefs et mortels. Ici, un personnage spécialisé ou expérimenté dans un domaine l'est véritablement ; un templier n'est pas juste un archétype qui malgré sa carrière, doit remettre chacune de ses actions entre les mains d'un jet de dé hasardeux : un chevalier en armure n'aura pas grand chose à craindre face à un paysan. Le second peut par contre d'ors et déjà recommander son âme à l'Unique. Grâce au système des spécialisations, le hasard peut donc être "contrôlé" dans les domaines de compétences favoris du personnage. Tous les jets se font avec un dé à 20 faces. Le système de magie est également complet et très paramétrable. La magie est brève mais peut-être extrêmement puissante. Enfin, le personnage est également défini par une notion de nature, cousine éloignée des système d'alignement ou de santé mentale, qui peut être positive ou négative et pourra rappeler quelques souvenirs aux joueurs de Kult. Elle peut avoir une véritable incidence à tous les niveaux (roleplaying, jets de dés, influence des Ténèbres ou de la Lumière...).
Enfin, la présentation est superbe. Les illustrations couleur du livre de base sont magnifiques, ainsi que les nombreux petits dessins noir et blanc en médaillon. La mise en page est parfaite et le papier est de très bonne qualité. Ajoutons à cela une couverture de style "grimoire", rigide et douce au toucher (!) et il devient impossible de ne pas avoir envie d'y jouer ! Envie concrétisée par la qualité et la beauté des fiches de personnage. Elles sont déjà superbes dans le livre de base, mais les auteurs ont également publié un bloc d'une trentaine de feuilles en papier épais et doré comme une enluminure. Si pour vous, "une belle présentation prime", vous pouvez y aller les yeux grands ouverts !
Mis à part le bloc de "character sheets", un supplément est sorti en anglais - Orschild, Winds of War - qui décrit l'une des principales provinces de monde de Gemini : Orschild, province souveraine encerclée par l'Eglise et les Ténèbres, "capitale" du monde connu. Encore une belle présentation : Superbe couverture rigide, signet rouge, quelques très beaux dessins en couleur, le reste en noir et blanc, et le tout se terminant par un gros scénario utilisant le background du supplément. Si vous êtes bilingue, d'autres suppléments sont sortis en suédois ! On attend la traduction de suppléments consacrés à l'Eglise, aux Ténèbres et à d'autres provinces.
Vous pouvez aussi trouver une critique de Gemini dans Backstab, numéro 16 (juillet-août 99), page 40 ; la critique du supplément Orschild dans le numéro 20 (mars-avril 2000), page 47.
D'autres références sont à venir...
Le nom de la rose, de Jean-Jacques Annaud ; avec Sean Connery et Christian Slater.
Looking for Richard, de et avec Al Pacino ; avec aussi Kevin Spacey, Winona Ryder...
Hamlet, de Franco Zeffirelli ; avec Mel Gibson et Glenn Close.
Excalibur, de John Boorman ; avec Gabriel Byrne...
Diablo, pour le crépuscule constant qui baigne le village de Tristram, pour le background, médiéval et sombre, avec la présence de l'Eglise et des Ténèbres.
Pendragon, pour le médiéval mêlé de fantastique ;
Vampire, pour les vampires, très proches des elfes de Gemini, et pour l'ambiance et l'art du conteur ;
ainsi que Ars Magica, JRTM, Warhammer.
Autres jeux de rôle de Dark Fantasy :
- Elric, édité par Chaosium, traduit en France par Oriflam,
- Hawkmoon, Chaosium / Oriflam,
- Ji-Herp, édité par Tilsit Editions / Yggdrasill éditions,
- Vampire, l'Âge des Ténèbres, édité par White Wolf Game Studio et traduit en France par Hexagonal.
Les bandes originales de Le nom de la rose,
Le 13ème guerrier,
Looking for Richard,
Braveheart,
des Chants Grégoriens, Wagner, peuvent aussi être intéressants, ainsi que Dead Can Dance, la B.O. de The Insider (Révélations), voire Gladiator pour certains morceaux ou bien pour mettre en scène un superbe affrontement entre les armées de l'Eglise, des ténèbres et des provinces souveraines.
Si vous avez d'autres idées, écrivez-nous !
Malheureusement, il n'y a pas encore d'écran officiel qui soit sorti pour Gemini. Par contre, pour le côté joueur, plusieurs écrans d'autres jeux peuvent être utilisés. Ceux de Ji-Herp, dont l'illustration est superbe !, Bloodlust, Vampire : l'Âge des Ténèbres (parfait pour les huis-clos !) ou encore Nightprowler ou Hawkmoon pour certaines ambiances.